Un détail négligé dans un abri connu

Les figures se trouvent à La Rochelle, également appelé Klein Buffelspruit, près de Carolina, au Mpumalanga. David G. Pearce, de l’université du Witwatersrand, et Kiah Johnson, de l’université de Cambridge, les décrivent dans un article du South African Archaeological Bulletin de 2026.

L’abri était déjà connu des chercheurs. Anna Steyn en a relevé les peintures en 1995, puis Mduduzi Maseko en 2020. La nouvelle interprétation concerne deux figures peu visibles qui semblent avoir échappé aux relevés précédents.

Pourquoi les chercheurs proposent un pochoir

Chaque figure mesure environ neuf centimètres. Le corps n’est pas peint : il est constitué de roche nue entourée de pigment rouge. Un halo de gouttelettes dispersées suggère que de la peinture liquide a été soufflée ou projetée autour d’un gabarit.

Le procédé inverse celui d’un dessin habituel. L’artiste couvrait la forme souhaitée, appliquait le pigment autour, puis retirait le cache. La silhouette conserve ainsi la forme de l’objet disparu.

Cette interprétation peut être confrontée à la répartition du pigment et aux contours des figures. Elle ne nécessite pas de déterminer ce que celles-ci représentaient pour leur auteur.

Une date et une signification inconnues

Dans des entretiens publiés par Phys.org le 25 octobre, Pearce souligne que les auteurs, la date et la fonction restent inconnus. Archaeology Magazine a présenté l’étude le 28 octobre. Aucune de ces dates n’est celle de la première identification des images. L’article indique une réception en mai 2023, une révision en octobre 2025 et une présentation antérieure en 2022.

Les animaux et êtres humanoïdes peints au pinceau ailleurs dans l’abri offrent un contexte riche. Leur proximité ne prouve cependant pas que les pochoirs ont le même âge ou le même sens culturel. L’utilisation ultérieure de l’abri pour des offices religieux, avec un sol bétonné et des bancs en bois, complique encore son contexte archéologique.

Ces lacunes ouvrent des pistes de recherche, sans autoriser à inventer une histoire pour les figures. Notre analyse des affirmations sur les anciens astronautes et de leurs preuves examine le problème plus général qui consiste à traiter une image inhabituelle comme le récit littéral d’une visite.

Ce que les petits pochoirs australiens peuvent nous apprendre

L’Australie fournit une comparaison documentée. À Yilbilinji, sur le territoire marra dans le Territoire du Nord, des chercheurs ont étudié de petites images impossibles à réaliser avec des corps ou objets de taille réelle.

Un compte rendu de l’université Flinders du 27 mai 2020 décrit des expériences consistant à chauffer et modeler de la cire d’abeille pour fabriquer des pochoirs. Elles ont démontré une méthode réalisable, sans résoudre toutes les questions sur les auteurs des images australiennes ou leur signification.

La cire d’abeille est donc un matériau envisageable à La Rochelle, au même titre que l’argile ou d’autres matériaux façonnés. Elle n’y a pas été identifiée. Des techniques similaires dans des lieux éloignés ne démontrent pas, à elles seules, des contacts entre communautés.

Notre article sur les traditions célestes aborigènes et l’interprétation de l’art rupestre explique pourquoi une comparaison visuelle doit rester distincte du savoir culturel d’une communauté.

Une technique à rechercher ailleurs

La prochaine piste consiste à réexaminer d’autres abris peints pour rechercher des répartitions comparables de pigment. Davantage d’exemples aideraient à distinguer une tradition plus large d’une expérience isolée.

Pour l’instant, La Rochelle ajoute un élément modeste mais précis au corpus rupestre. La méthode proposée est compréhensible. Les personnes et les idées à son origine restent hors de portée des conclusions que les vestiges permettent d’établir.